Domaine des notes bleues

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Kind of blue

Domaine des notes bleues

Il a fondé le domaine des notes bleues en 2017. Lui c’est Cédric Mottet, un Jurassien qui démarre mais qui ne manque pas de talent. Les notes bleues, cela fait référence au jazz, à ces notes qui ne sont pas écrites mais que les musicien(ne)s savent intégrer à leurs improvisations…Dans une certaine mesure, Cédric, lui aussi, est une sorte d’improvisateur talentueux. Je suis allé à sa rencontre à Mesnay, ce village qui touche Arbois. Sensation de découverte, quand le vin commence par être un projet dans un garage, au fond d’une grange, dans une sorte de repaire expérimental un peu préservé des apparences.

Quelques cuves éparses, quatre ou cinq tonneaux, une poignée de bouteilles et trois cuvées de 2018 d’un vigneron passionnant qui retiennent beaucoup mon attention…j’adore ces instants, et la sensation de liberté qui s’en dégage. C’est ça aussi le vin ! Cédric a fait un peu tous les métiers, il a même travaillé dans la signalisation routière avant de trouver finalement de quoi s’épanouir dans le vin, « quelque chose de nettement plus authentique », avoue-t-il avec simplicité. Il se forme alors en accéléré avec Jean-Claude Credoz puis Jean-Michel Petit.

Chardonnay au lieu-dit « les Nouvelles ». Remarquer les pieds manquants
Les Nouvelles
Débrouillard, il reprend une vigne de Stéphane Tissot sur Arbois exposée plein Sud certifiée AB (agriculture biologique), juste en bordure d’agglomération, au lieu-dit « les Nouvelles » sur le bas du coteau du même nom, dont il sort un Chardonnay 2018 dangereusement buvable. Cultivée en biodynamie depuis 15 ans grâce au travail de son illustre prédécesseur, cette vigne de 80 ans sur marnes grises du lias surmontée en surface d’éboulis calcaires (issus de la corniche Bajocienne pour être précis), aux rendements minuscules (15hl par hectare), jouxte le village de Mesnay et va devoir être agrandie et replantée en partie afin de faire concurrence aux maisons !
Cédric Mottet dans la petite vigne de 15 ares au lieu-dit « Changins », appellée aussi graviers Saint-Paul, cernée par le foncier bâti. Ce sont de vieux Chardonnay de plus de 70 ans qui donnent un vin superbe et particulièrement minéral. Remarquer les cailloutis faits d’éboulis calcaires.
Un grand terroir d'Arbois, cerné par le bâti
Loin de s’en contenter, Cédric se procure aussi une vigne de Chardonnay de 70 ans, sur éboulis secs avec des marnes grises du Lias très profondes au lieu-dit les graviers Saint-Paul ou "Changins". Pour les connaisseurs, ce lieu est à proximité immédiate des Corvées sous Curon et d’exposition ouest, sud-ouest. Ici les rendements sont un peu plus étoffés, de l’ordre de 40hl/ha, avec des pieds très bas. La parcelle est plantée très dense et serrée, avec des inter-rangs de 1 mètre à peine. La vigne trouve en profondeur dans les marnes une réserve d’eau salutaire lorsqu’il fait très chaud. Travaillée au motoculteur, à la pioche et à l'atomiseur à dos, elle donne une cuvée incroyablement minérale qu’il a baptisée en forme de clin d’œil « Ascenseur pour les chardos », toujours en référence au jazz.

Enfin, il réalise une cuvée de Trousseau grâce à deux parcelles où il possède des Trousseau à la dame, une variété ancienne qui a été abandonnée dans les années 70-80, et qui est remise au goût du jour depuis peu car plus qualitative, avec ses grappes lâches qui permettent au raisin de bien mûrir sans craindre la pourriture. Les vignes se situent sur le flanc de Montigny-les-Arsures, à quelques kilomètres d’Arbois, sur les coteaux des Muzards et du Pré Levront. Ce sont des magnifiques coteaux à Trousseau, parmi les plus qualitatifs du Jura, avec des marnes irisées en sous-sol et des argiles à chailles en surface (en s'érodant, la falaise libère des fragments de silice qui ne se dissolvent pas, et qui se mêlent aux argiles). Parcelles de vignes de 60-70 ans, elles sont travaillées au motoculteur.

Trousseau à la dame

Maturité en approche...

Et puis, ce ne sont pas les projets qui manquent. A partir du millésime 2019, Cédric reprend également en fermage une vigne au cul du Bray, avec des ceps de Savagnin et de Chardonnay, un endroit à la beauté frappante avec ces couleurs bientôt automnales, paysage typique du Jura, où les cépages blancs s’épanouissent sur des éboulis calcaires du Bajocien pour donner bientôt des nouvelles cuvées.

Le cul du Bray est un endroit à la beauté envoûtante, surtout en automne...